Comment ai-je pu tenir là-dedans ?

saison Pain d'épices

saison Pain d'épices

le 12 mai

au TPR

durée: 55 minutes

d’après Alphonse Daudet

Théâtre tout public dès 7 ans

Comment ai-je pu tenir là-dedans ?

« Que c'est petit! dit-elle; comment ai-je pu tenir là-dedans? »

Derrière ce titre énigmatique, et si joliment trouvé, se cache la fameuse histoire de la chèvre de Monsieur Seguin. Une création d’une impressionnante esthétique pour faire résonner l’éternelle question : la morale de cette fable est-elle que l’appétit de vivre est inaliénable ou que la transgression est interdite ? 

Blanquette est ici incarnée par une comédienne-danseuse, en petite robe et tricot blanc, pure et gracieuse. Elle évolue dans un décor de dessin animé, guidée vers son funeste sort par la voix grave du narrateur. Le travail corporel et gestuel de la jeune fille chèvre est émouvant, délicat. Ce petit animal humain confère à l’histoire une dimension retentissante. On ne peut que ressentir avec elle son besoin de s’affranchir de sa corde, sa volonté de profiter des merveilles de la vie, le plaisir intense qu’elle aura à éprouver cette liberté… si chère. Monsieur Seguin, réduit à l’état de poupée de chiffon, est une fois encore bien incapable de lutter contre cet instinct. 

Les paysages inventés par le plasticien créent une atmosphère graphique et colorée tenant davantage de la fantasmagorie que de l’illustration réaliste. Le plateau tournant dévoile tour à tour les différents contextes de l’aventure, et cette roue du destin s’emballe dans un final poignant. 

Une narration sobre faisant la part belle aux mots et un visuel féérique pour un spectacle comme une pièce d’art, autant adapté au jeune public qu’aux adultes.

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d'après 
 La chèvre de Monsieur Seguin

 

une fable de 
 Stéphane Blanquet Jean Lambert-wild

 

Narrateur
 André Wilms La petite chèvre Chiara Collet Elena Bosco en alternance

 

Direction
 Jean Lambert-wild

 

Musique
 Jean-Luc Therminarias  Léopold Frey Chorégraphie Silke Mansholt

 

Scénographie
 Stéphane Blanquet Jean Lambert-wild

 

Assistant scénographie
 Thierry Varenne Lumières Renaud Lagier

 

Costumes et accessoires
 Olive

 

Direction technique
 Claire Seguin Régie lumière Renaud Lagier Ludovic Desclin en alternance Régie plateau Patrick Le Mercier Thierry Varenne David Jourdain en alternance

 

 

Diffusion sonore
 Léopold Frey Guillaume Rouan en alternance

 

Décor et costumes réalisés par les ateliers de la Comédie de Caen
 Patrick Le Mercier Patrick Demière Bruno Banchereau Pierre-Amaury Hervieu Serge Tarral Luis Enrique Gomez Bastias Gilles Loubet Laurent Mandonnet Olivier Beaudequin

 

Sous la direction de
 Benoît Gondouin  assisté de Hubert Rufin

 

Peintre décorateur
 Patrick Demière

 

Réalisation des costumes
 Antoinette Magny

 

Electriciens
 Claudio Codemo Moëren Tesson

 

Photographies
 Tristan Jeanne-Valès

 

Images
 François Royet

 

Production déléguée
 Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie

 

Alphonse Daudet

Alphonse Daudet naît à Nîmes le 13 mai 1840.
 Après avoir suivi les cours de l’institution Canivet à Nîmes, il entre en sixième au lycée Ampère. Alphonse doit renoncer à passer son baccalauréat à cause de la ruine en 1855 de son père, commerçant en soieries. Il devient maître d’étude au collège d’Alès. Cette expérience pénible lui inspirera son premier roman, Le Petit Chose (1868). Daudet rejoint ensuite son frère à Paris et y mène une vie de bohème. Il publie en 1859 un recueil de vers, Les Amoureuses. L’année suivante, il rencontre le poète Frédéric Mistral. Il a son entrée dans quelques salons littéraires, collabore à plusieurs journaux, notamment Paris-Journal, L’Universel et Le Figaro.
 En 1861, il devient secrétaire du duc de Morny (1811-1865) demi-frère de Napoléon III et président du Corps Législatif. Ce dernier lui laisse beaucoup de temps libre qu’il occupe à écrire des contes, des chroniques mais il meurt subitement en 1865 : cet événement fut le tournant décisif de la carrière d’Alphonse.
 Après cet événement, Alphonse Daudet se consacra à l’écriture, non seulement comme chroniqueur au journal Le Figaro mais aussi comme romancier. Puis, après avoir fait un voyage en Provence, Alphonse commença à écrire les premiers textes qui feront partie des Lettres de mon Moulin. Il connut son premier succès en 1862-1865, avec la Dernière Idole, pièce montée à l’Odéon et écrite en collaboration avec Ernest Manuel - pseudonyme d’Ernest Lépine. Puis, il obtint, par le directeur du journal L’Événement, l’autorisation de les publier comme feuilleton pendant tout l’été de l’année 1866, sous le titre de Chroniques provençales.
 Certains des récits des Lettres de mon Moulin sont restés parmi les histoires les plus populaires de notre littérature, comme La Chèvre de Monsieur Seguin, Les Trois Messes basses ou L’Élixir du Révérend Père Gaucher.
 Le premier vrai roman d’Alphonse Daudet fut Le Petit Chose écrit en 1868. Il s’agit du roman autobiographique d’Alphonse dans la mesure où il évoque son passé de maître d’étude au collège d’Alès (dans le Gard, au nord de Nîmes).
 C’est en 1874 qu’Alphonse décida d’écrire des romans de mœurs comme : Fromont jeune et Risler aîné mais aussi Jack (1876), Le Nabab (1877) – dont Morny serait le «modèle» – les Rois en exil (1879), Numa Roumestan (1881) ou L’Immortel (1883).
 Pendant ces travaux de romancier et de dramaturge (il écrivit dix-sept pièces), il n’oublia pas pour autant son travail de conteur : il écrivit en 1872 Tartarin de Tarascon, qui fut son personnage mythique. Les contes du lundi (1873), un recueil de contes sur la guerre franco-prussienne, témoignent aussi de son goût pour ce genre et pour les récits merveilleux.
 Daudet subit les premières atteintes d’une maladie incurable de la moelle épinière, le tabes dorsalis, mais continue de publier jusqu’en 1895.
 Il décède le 16 décembre 1897 à Paris, à l’âge de 57 ans.

Jean Lambert-wild

Jean Lambert-wild commence son parcours artistique comme assistant de Michel Dubois, Jean-Yves Lazennec, Matthias Langhoff et Philippe Goyard.
 Avec Grande Lessive de printemps en 1990, il ouvre la construction de son Hypogée, œuvre complexe qu’il écrit et dirige sur scène composée de trois confessions, trois mélopées, trois épopées, deux exclusions, un dithyrambe et 326 Calentures. Il y constitue d’année en année une autobiographie fantasmée. Ses Calentures, petites formes performatives (de 15 à 45 minutes), questionnent l’espace théâtral. L’illusion et la magie y tiennent une place importante. Elles sont les fureurs poétiques que traverse son clown en pyjama rayé.
 En 1999, son spectacle Splendeur et Lassitude du Capitaine Marion Déperrier - Épopée en deux Époques et une Rupture marque le début d’une longue collaboration avec Henri Taquet et le Granit-scène nationale de Belfort. Il y est artiste associé de 2000 à 2006. Pour développer son projet, il fonde avec le compositeur Jean-Luc Therminarias la Coopérative 326. Il en sera le directeur artistique jusqu’en 2006. Depuis 2007, Jean Lambert-wild dirige la Comédie de Caen-Centre Dramatique National de Normandie. Centre de création et de production, la Comédie de Caen crée des spectacles au rayonnement national et international, et accompagne des compagnies théâtrales indépendantes françaises et européennes.
 Pour Jean Lambert-wild, le théâtre est par essence un art multi «médium», le lieu où les signes de toutes les disciplines peuvent s’exprimer et faire sens. Il constitue pour chacun de ses projets un phalanstère de création en convoquant autour de lui des identités fortes et diverses dont les rencontres improbables provoqueront le bouleversement des codes de narration et de représentations des disciplines représentées. Son Ecmnésie regroupe les confessions, mélopées et épopées de son Hypogée ainsi que ces projets d’envergure.
 Ses origines créoles, ses nombreux voyages en Europe, en Afrique et en Amérique ont dessiné plusieurs de ses projets (résidences, étapes de travail, invitations à des festivals en Norvège, en Islande, aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, en Allemagne ou en Bulgarie…). Il collabore avec des artistes européens et américains (Silke Mansholt, Jeremiah Mc Donald, David Moss, Jacqueline Humbert, etc.). Il développe un lien particulier avec l’Afrique en travaillant avec la comédienne Odile Sankara (accompagnement de la Caravane Thomas Sankara, création de scènes nomades diffusées dans plus de dix pays africains, soutien d’artistes africains comme Fargass Assandé).
 Jean Lambert-wild place au coeur de son projet la mise en réseau de compétences artistiques, techniques ou scientifiques afin d’explorer de nouvelles perspectives théâtrales, musicales, scénographiques ou poétiques. L’expérience artistique s’ouvre à la recherche scientifique par le biais des nouvelles technologies et de leurs applications possibles dans le champ de l’Art. Il mène des recherches et des expérimentations avec des ingénieurs comme Léopold Frey, Emmanuel Maâ-Berriet ou Quentin Descourtis et des structures de recherche comme le laboratoire SeT de l’Université de Belfort-Montbéliard ou le GMEM-Centre national de création musicale de Marseille. Il soutient le développement d’outils matériels et logiciels pour la création contemporaine.

Un parcours initiatique

C'est à partir d'un des plus étonnants récits du recueil des Lettres de mon moulin que Jean Lambert-wild construit un spectacle tout public pour faire entendre l'histoire tragique d'une petite chèvre, celle de Monsieur Seguin, follement éprise de liberté et de grands espaces. Alphonse Daudet entraîne les lecteurs dans un parcours initiatique, de l'enfance à l'âge adulte, plus mystérieux et sinueux qu'il n'y paraît au premier abord. Dans son désir de liberté et d'aventure, l'héroïne transgresse des interdits de toute nature. Cette petite chèvre, perchée sur un monticule, se croit soudain toute puissante en regardant à ses pieds le monde qu'elle découvre. Elle est en cela semblable aux enfants qui, en grandissant, veulent faire du monde qui les entoure le terrain de toutes les expériences, sans peur et sans freins, assoiffés qu'ils sont de découvertes, de rencontres, d'aventures belles et excitantes.
 Si Alphonse Daudet, en bon disciple d'Esope et de La Fontaine, se sert de l'animalité pour dire l'humain, Jean Lambert-wild, dans sa rêverie théâtrale, se sert aussi de l'humain pour dire l'animalité. Il confie le "rôle" de la chèvre à une artiste qui, par un impressionnant travail gestuel et corporel, sait nous émouvoir et nous troubler. À ses côtés, nous traversons les merveilleux paysages inventés par le plasticien Stéphane Blanquet pour ce voyage féerique et surprenant qui n'est en rien l'illustration réaliste du récit, mais une vraie fantasmagorie qui s'adresse à l'imaginaire de chaque spectateur, petit ou grand.
 Tout en ayant conscience dès le début de la fin inexorable qui attend l'héroïne, nous sommes mystérieusement fascinés par le désir de vie de la petite chèvre, par sa volonté de passer outre les lois contraignantes qu'on veut lui imposer, par la force incroyable qu'elle manifeste pour s'éloigner d'un chemin tout tracé et jouir des plaisirs du monde dont ce pauvre Monsieur Seguin voulait la priver pour son bien.

Jean-François Perrier
 Festival d’Avignon 2010

  • 18:15
    mai
    12
    samedi
  • tarif plein: 30.-
    tarif réduit: 20.-
    tarif jeunes: 15.-

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