le 6 octobre
au TPR
durée: 1h10
Les monologues d’un agent double
de Plonk & Replonk

« Voici la salle de contrôle des salles de contrôle. Profitons de l’anarchie pour y passer inaperçus… »
Vous prendrez bien un dernier thé plonkien ? Cette première création Arc en Scènes 2010, mise en scène par Andrea Novicov, repasse par ici sur le chemin de sa tournée. C’est la bonne occasion de le revoir, ou de le découvrir pour ceux qui auraient eu la folie de le manquer…
Délires et incongruités en tout genre se disputent la vedette avec Didier Chiffelle, l’agent double qu’il faudrait inventer si les Plonk ne l’avaient pas déjà fait. Depuis son asile de flous, à califourchon sur sa bicyclette bleue, il s’envole vers les péripéties que lui réservent la guerre tiède et l’amour chaud bouillon. Le bric-à-brac, les femmes en carton et les baignoires publiques n’ont plus qu’à bien se tenir…
L’univers absurde et catatonique, au géranium enrichi, des cartes postales des Plonk et Replonk, faite de clichés détournés et de poésie loufoque, est propulsé dans les 4 dimensions par le mariage interracial de la scène, de la vidéo météo et du bruitage zinzin. Autrement dit, un travail de saboteurs et de vandales à la solde d’un détraqué ?
Et pourtant, comme dirait Le Courrier : « Une pièce peut-elle être à la fois géniale, légère, poétique, insensée en racontant… » - les exploits héroïques et le destin fatal d'un agent double, comme vous et moi, qui lutte pour ses survies existentielles ? Et bien oui, il faut le croire… avec cette histoire vraie impossible à croire, montée à la main comme une mayonnaise bulgare.
textes et images mise en scène jeu bruitages production avec le soutien de assistante à la mise en scène espace | lumière son musiques originales costumes direction technique et construction régie générale régie son régie vidéo voix off chargée de diffusion |
Andrea Novicov, metteur en scène, directeur artistique Arc en Scènes
Né en 1958 au Canada, son père d’origine russe et sa mère d’origine suisse-italienne se sont connus en Argentine. Suivant les périples de ses parents, Andrea Novicov a vécu en Argentine, au Canada, en Italie et finalement au Tessin où il est entré à l’Ecole de Théâtre Dimitri. Il a poursuivi sa formation à Lisbonne (Ecole de théâtre « A Comuna »), puis à Milan auprès de Dominic DeFazio (Acting, Director à l’« Actor Studio »).
En Italie et en Suisse, il a joué au théâtre, mais aussi pour le cinéma et la télévision. C’est aussi en Italie qu’il a signé ses premières mises en scène et il a en outre travaillé comme scénariste pour le cinéma (notamment pour S. Soldini). Il s’est installé en Suisse romande depuis 1994 où il créa la compagnie Angledange.
Son travail avec cette compagnie est caractérisé par un grand éclectisme : textes classiques et contemporains, montages, travail axé sur le jeu d’acteurs, recherche esthétique jouant avec différentes formes d’expression artistique (poésie, peinture, musique, video).
Andrea Novicov a également poursuivi une activité d’enseignement d’arts dramatiques notamment à l’Accademia d’Arte Drammatica Paolo Grassi à Milan et à la Manufacture (Haute Ecole de Théâtre de la Suisse romande).
Les créations d’Andrea Novicov tournent régulièrement en Suisse et à l’étranger, notamment à Paris. Son théâtre exploite de nouvelles formes et de nouveaux langages, visite et interroge la société, en mettant toujours en évidence les aspects collectifs de la création.
Plonk & Replonk
En 1995, dans les Franches-Montagnes du Jura suisse, naquît Plonk & Replonk, collectif a l'humour noir et grinçant, qui façonna sa vision du monde en mélangeant celle de Vialatte ou de Pierre Desproges avec le non-sens du dessinateur américain Gary Larson, la causticité et l'extravagance des sketches des Monthy Python. Plonk & Replonk crée dès lors tous azimuts, dans l'ordre et le désordre : des livres et des bandes dessinées, des t-shirts, des nains de jardin coulés dans le béton. En 1997, Plonk & Replonk créent les premières cartes postales déroutantes qui vont faire leur succès, dans une Suisse qui continue à traîner derrière elle une image d'Epinal ou de… carte postale, qu'ils ont tout simplement le génial culot de réinventer. A partir de cartes anciennes provenant d'archives ou de banques d'images dont ils ont acquitté les droits (notamment l'immense collection genevoise
Zimmermann), ils conçoivent des photomontages et réalisent leurs propres clichés (dans les deux sens du terme) en y intégrant des photographies personnelles, en les colorisant ou en y ajoutant une kitschissime “Swiss retouch” de non-sens, notamment dans la légende, lapidaire cerise sur le gâteau.
Ses membres fondateurs actifs sont Jacques et Hubert Froidevaux.
LA CREATION
Comment passer de la carte postale à la scène ?
Il y a un courant contemporain du théâtre qui ne peut pas s’empêcher d’inscrire dans son travail la question du rôle de l’homme dans le monde. Est-il encore au centre de l’univers, et donc de la scène ? Et si oui, est-il raisonnable, tenant compte des désastres dont il est responsable ? La parole, le verbe, sont-ils encore les messagers du sens, et donc le centre de l’acte théâtral ? De ces questionnements découle un florilège de nouvelles appellations des arts de la scène : Théâtre-objet, Théâtre-danse, Opérette conceptuelle, Gastronomie-théâtre, Opérette imaginaire etc…
Notre projet est le symbole d’un mariage interracial fortement improbable : celui des cartes postales bidimensionnelles dont on fait la lecture en 4 secondes avec celui du développement narratif dans la tridimensionnalité d’un plateau de théâtre.
Une autre particularité de ce projet est que ni les images ni le texte n’ont préexisté au début des répétitions. La trajectoire du personnage de l’Agent-Double est née au fil des séances de travail, tant des idées des Plonk & Replonk, des improvisations de Didier Chiffelle, de la façon d'Andrea Novicov d’architecturer la narration que des prouesses informatiques de Loïc Pipoz. Aujourd’hui, le spectacle est le récit des aventures de vie d’Otto, « Agent-double de Père en Fils », qui traverse, parfois avec maîtrise mais plus souvent sans aucune qualité, la grande et la minuscule histoire de l’Europe du siècle et s’achève, après son naufrage, sur les plages de ce troisième millénaire. Si l’on y prête attention, un soir d’hiver, dans une ville qui pourrait être La Chaux-de-Fonds, on pourra remarquer, assis à la même table d’un bistrot, Forrest Gump (R. Zemeckis), le brave soldat Schweik (Hasek), Zelig (W. Allen) et, bien entendu, Otto et les Plonk & Replonk.
Lisez Le Souffleur des amis du TPR spécial Dernier thé à Baden-Baden
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