
« La veine de Woody Allen. Ou presque. Benjamin Knobil a le sens du ridicule. Des pathologies minuscules qui dérident les auditoires. »
Le Temps
Aventure épique et singulière, cette nouvelle création de Benjamin Knobil, qu’Arc en Scènes a le plaisir de soutenir, emmène son public au large, vers les eaux profondes. Inspirée lointainement de Moby Dick d’Herman Melville, cette rencontre ultime entre un père hospitalisé et son fils se mue en opérette métaphorique, désireuse de mêler tragédie et burlesque « jusqu’à un niveau purement jubilatoire ».
Le père alité, rongé par le manque d’espoir plus sûrement que par le cancer, se prend pour le Capitaine Achab et entraîne son fils avec lui pour une dernière poursuite de la Baleine Blanche. On saute sans autre de l’hôpital au monde marin, détournant tous les réels, revisités avec humour, mordant et ironie sauvage, entraînant tout ce petit monde dans la folie et l’imaginaire.
Alors, les infirmières se transforment en sirènes, les médecins se disputent les mourants pour les recycler en boîtes de crabe et le Capitaine Cancer, avec sa pince de fer, rôde sur le bateau parmi les croque-morts.
La Baleine Blanche, elle, fantasme à la fois désiré et craint, reste la dernière escale. Elle sert de toile à la pudeur d’un rendez-vous inéluctable, voile et dévoile l’amour d’un fils qui ne se dit pas, mais qui accompagne son père au bout de ses rêves, au bout de soi.
Cette thématique intime et grave, profondément humaine, promet de trouver ici, dans un univers de vieux loups de mers féériques et sous morphine, et sous les atours de la fantaisie, de la drôlerie, de l’humour noir et de l’opérette, une surprenante caisse de résonance.
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Benjamin Knobil, Metteur en scène, écrivain, comédien
Benjamin Knobil a des racines multiples– une mère née à Oran et désormais établie à Los Angeles, un père né à Berlin et qui sera, entre autres, mécano d’avions américains pendant la guerre de Corée, une enfance entre Londres, Bruxelles et Paris, sans compter un arrière-grand père paternel établi en Galicie polonaise. Il faut une mappemonde et beaucoup de patience pour suivre l’arbre généalogique de cette famille.
Tous ces ingrédients en apparence géographiques nourrissent en permanence son art. En évoquant son spectacle, Boulettes, le polyglotte Benjamin Knobil sourit en pensant à son côté juif new-yorkais et se réjouit d’entremêler à nouveau différentes cultures.
Il a joué (et chanté) au théâtre sous la direction de Benno Besson, Philippe Mentha, Nicolas Rossier et Geneviève Pasquier, Michel Grobety, Franco Pero, Charles Joris, Frédéric Martin, Gianni Schneider et Agathe Alexis. Ses derniers spectacles comme comédien sont “L’inquiétude” de Novarina ms Yvan Rhis, “La controverse de Valladolid”, ms Jo Boegli, ou “Les derniers jours de l’humanité” ms Georges Guereirro. Comme metteur en scène, il a monté avec ou sans la Compagnie Nonante-trois plus d’une vingtaine de spectacles en Suisse et en France.
Ecrire est un travail de plaisir et de passion que Benjamin Knobil cultive depuis l’adolescence. « Boulettes» est sa huitième pièce. Il a également écrit « Les Magichiens » (1996 – 45 représentations), « Au Loup ! » (1999 – 15 représentations), « Un Plat de Résistance » (2002 – 35 représentations), « Médée » (2005 – 19 représentations), « La souris se fait la Belle » (2005 – 25 représentations), « Capitaine Cancer » (2006), « Vétérans ou une baleine dans ma baignoire » (2007). et « Dans l’œil du Cétacé » (2009 - 18 représentations). Il a également adapté pour la scène « Truismes » de Marie Darrieussecq, « Les Hamsters » de Nicolas Kolly, « Dehors devant la Porte » de Wolfgang Borchert ou « Le Marchand de Venise » de Shakespeare.
Vincent Knobil, Compositeur
Vous pouvez toujours essayer, mais vous aurez du mal à coller une étiquette sur la musique de Vincent Knobil. Est-ce de la pop ou du punk ? Du folk ? Du rock ou du rockabilly ? De la parodie ? De la variété ou du cabaret ? La majorité de ses paroles sont en anglais, mais il a également écrit de nombreuses chansons françaises.
Sa musique prend une tournure plus sombre, comme dans son projet le plus ambitieux de l’époque. Appliance Intelligence, l’histoire poignante d’une machine dotée d’intelligence, confrontée à la bêtise et à l’intolérance des représentants de la société américaine d’alors. Il en compose les mélodies et les paroles au rythme de ses pas, déambulant dans les rues de New York.
Paris, il se lance dans le multimédia, véritable geek, sur le Web, repère par excellence de non conformistes et rebelles de tous poils, y rencontre des artistes et musiciens du monde entier. Il collabore en ligne, échangeant pistes et paroles, à la manière d’un cadavre exquis. Devient membre du groupe virtuel Remote Possibility, fondé par Matt Love, un vétéran de la scène musicale de Seattle.
Sa musique se répand aux quatre coins de la toile. Divers cinéastes indépendants, artistes et autres entrepreneurs 2.0 le contactent pour utiliser sa musique. Il continue à composer et à enregistrer dans son home studio, et il s’est récemment aventuré sur le terrain de la vidéo. Il est également l’auteur du blog-BD Geeks In Love.
« Mon travail d’écriture est la continuation d’une démarche dramaturgique que je mène avec ma compagnie qui vise à traiter au théâtre les thèmes de la sauvagerie sociale, de l’angoisse métaphysique et de l’onirisme. C’est la confrontation entre les désirs des personnages et la réalité qui m’intéresse. Les héros de mon théâtre sont des êtres cabossés ou des inadaptés, ahuris devant l’iniquité de la société. Ils se posent alors question du sens de leur existence face à un monde qui les rejette. C’est cette inadéquation, ce mélange de tragédie et de burlesque qui provoque simultanément le plaisir et la jubilation du spectateur. »
Benjamin Knobil
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