
du 21 avril au 23 avril
Temple Allemand
durée: 1h10
D’après Anton Tchekhov
Théâtre

« Che confusione, sarà perché ti amo… »
Relecture expérimentale et décomplexée d’un grand classique… Ou l’histoire de trois filles, d’un juke-box et d’un homme, librement inspirée de la pièce d’Anton Tchekhov. La trame de la version originale est respectée – le drame latent, le désespoir des filles, l’envie de partir à Moscou, de fuir, de rêver mieux ailleurs – mais seules les répliques des trois protagonistes féminines sont conservées. Ainsi, les relations complexes entre les sœurs sont davantage révélées et l’action principale est focalisée sur leurs désespoirs amoureux. Chacune souffrant à sa manière de l’amour, impossible pour Macha, inexistant pour Irina et dépassé pour Olga. L’homme, présent tout au long de la pièce, est le fruit de leurs fantasmes, parfois le père disparu, le frère dérangeant, l’amant idéalisé ou même le mâle dans toute sa splendeur.
Avec passion et sans retenue, elles crient leurs malheurs, les illusions perdues, le temps qui passe et qui détruit les rêves. Et pour ce faire, elles empoignent leurs micros et, avec rage, chantent l’amour en italien. Felicità, Sarà perché ti amo, Tornerò… Les émotions sont fortes, elles sont vraies : des rires, des larmes, de grandes questions existentielles, le tout dans une chorégraphie tantôt intimiste, tantôt kitsch… Autant d’ingrédients qui transportent, parfois émeuvent, souvent amusent le spectateur.
La Compagnie du Gaz, basée à La Chaux-de-Fonds, situe son travail entre le théâtre et la performance, la juxtaposition du tragique et de l’absurde. La création de Trois sœurs moins le quart est née d’un travail collectif en octobre 2010 au Temple Allemand, elle est reprise cette saison en coproduction avec le Centre de Culture ABC.
conception et mise en scène supervision artistique preparazione musicale costumes |
lumière son interprétation |
Johanne Faivre-Kneubühler
Née à Landeyeux (NE) le 30 mars 1981. Elle suit deux ans de formation au Conservatoire d’Art Dramatique de Lausanne (SPAD) de 2001 à 2003.
Puis celui-ci ferme ses portes. Elle entre à La Manufacture (HETSR) en 2003 et en ressort en 2006 avec son diplôme.
Durant les deux années de sa formation au Conservatoire, elle joue dans divers spectacles.
« Nous, les Héros » de Jean-Luc Lagarce ms Robert Sandoz.
« 40 Espontaneos » de Maria la Ribot .
« Quartett » de Heiner Müller ms André Steiger .
« La Servante » de Olivier Py ms Robert Sandoz et Théo Hugenin-Elie .
« Chambres » de Philippe Minyana ms Virginie Strub.
Ensuite pendant ses trois années d’études à la Manufacture, elle côtoie différents metteurs en scène, réalisateurs, marionnettistes : Oskar Gomez Mata, Jean-Yves Ruf, Harry Cleven, Jaco Van Dormael, Omar Porras, Isabelle Pousseur, Philippe Morand, Emilie Valantin, Jean Sclavis, Claude Régy, Roland Vouilloz, Lee Maddeford, Cécile Garcìa-Fogel, Marc Liebens, Anne-Laure Liégeois, Pierre Debauche, Yves Beaunesne, Lauent Laffargue
Ainsi que différents chanteurs ou danseurs : Phillipe Saire, Marco Berretini, Jean Gaudin, Marcela San Pedro, Michèle Millner, Bill Holden, Geneviève Gühl, Franscesca Bretschi, Claude Darbellay.
Après ses études, elle joue dans différentes productions romandes. Elle travaille notamment avec Attilio Sandro Palese, Robert Sandoz, Muriel Imach, Françoise Courvoisier, Françoise Boillat, Rachel Esseiva, Samuel Grilli, Gilles Lesseroy, Hélène Bezençon, Jo Boegli, Dominique Bourquin, François Marin, Vincent Held, Daniel Monnard, Yves Burnier, Julien Mages.
Elle crée en équipe quelques petites performances.
« Stanislavski il mio rifugio » avec Rachel Esseiva et Françoise Boillat
« Marilyn » performance avec Lucas Schlaepfer et Claire Chalut
« Noël sur la Paille » avec Françoise Boillat et Rachel Esseiva
En 2010, pour la première fois elle participe à une mise en scène collective pour la création de « Trois soeurs moins le quart ». Pièce librement inspirée d’Anton Tchekhov.
Rachel Esseiva Heger
Née dans Les Montagnes Neuchâteloises en 1976.
Après des études et un diplôme de sage-femme en 2000, elle décide de transformer sa passion pour le théâtre en profession. Elle est diplômée comédienne de l’ Ecole Serge Martin de Genève en 2005. Depuis elle travaille en qualité de comédienne dans divers projets, notamment avec Robert Sandoz, Lorenzo Malaguerra, Matthieu Béguelin, Christophe Benoit, Stéphanie Majors.
Elle signe cinq mises en scène, « Vol au-dessus d’un nid de coucou » de K. Kesey, « Le Malentendu » de A. Camus, « Les Révérends » de S. Mrosek, « La Maison de Bernarda Alba » de F. Garcia Lorca avec des comédiens amateurs et « Le vent et la petite fille » (mini opéra) de V. Kojoukharov avec un chœur d’enfants.
Entre lectures et animations (rôle de la savante pour La Lanterne Magique du Locle), elle tourne occasionnellement pour le cinéma dans différents courts-métrages avec Jacques Matthey, Nicolas Sjöstedt, Bastien Bron, Freestudios à Genève et la Télévision Suisse Romande.
Françoise Boillat
Née en 1974 à La Chaux-de-Fonds, Françoise Boillat, diplômée du Conservatoire de Lausanne en 1998 est comédienne. Il travaille principalement en Suisse Romande, mais quelques expériences l’ont amenée en Russie, Roumanie, Suisse Allémanique, en Allemagne et en France.
Elle a notamment joué sous la direction de Antoine Jaccoud, Dominique Bourquin, Charlotte Huldi, Robert Sandoz, Marielle Pinsard, Guillaume Béguin, Philippe Macasdar, Oscar Gomez Mata, le groupe de musique Velma, Patrice de Montmollin, Hervé Loichemol, Dominique Dardant , Yann Mercanton, André Erlen, fabrice Huggler, ….
En 2004, elle fonde sa compagnie La Compagnie du Gaz, dont le premier projet est “Dysfonctions et Maltraitances“ feuilleton théâtral écrit par Antoine Jaccoud. Avec ce dernier, une longue collaboration s’ensuit et ensemble ils montent “Les Survivants“, “En attendant la grippe aviaire“ et tout dernièrement “Obèse“, Lausanne, Genève, La Chaux-de-Fonds.
Depuis 2007, elle est responsable pédagogique du département Théâtre de l’école Ton sur Ton à La Chaux-de-Fonds. Elle enseigne principalement aux élèves préprofessionnels, cette formation est depuis 2010 prise en charge par le Théâtre Populaire Romand. Avec ses élèves, Françoise Boillat fait ses premiers pas de direction d’acteur “Les fabuleux méandres du Jurassic“ et “hOmlet “ et en automne 2009, elle signe sa première mise en scène “L’enfant mode d’emploi“, d’A. Rychner.
En automne passé Françoise Boillat crée Trois Soeurs moins le quart, spectacle collectif autour de Tchékhov et des chansons d’amour italiennes.
Vincent Rime
Après avoir exercé en tant qu’ingénieur en mécanique durant 4 ans, Vincent Rime débute sa formation à l’Ecole de théâtre Serge Martin à Genève.
Pendant sa formation, il est engagé par Xavier Fernandez-Cavada pour jouer dans "Grand-Peur et Misère du IIIe Reich" de Bertolt Brecht et par Dorian Rossel pour sa performance "Les Spectateurs".
En 2007, après trois ans de formation, il reçoit son diplôme de comédien.
A la sortie de l’école, toujours sous la direction de Dorian Rossel, il joue dans "Panoramique Intime".
Il participe ensuite à deux créations avec la troupe Ka-Têt de Sion.
Fin 2008 début 2009, il joue dans "Les Prétendants" sous la direction de Guillaume Béguin.
Puis dans "C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure", monologue de Fabrice Melquiot mis en scène par Mathieu Bessero. En été 2009, il joue dans "Les sept jours de Simon Labrosse" de Carole Fréchette mis en scène par Julien Schmutz. Cette même année, il joue encore dans "L’enfant, mode d’emploi", un texte de Antoinette Rychner, mis en scène par Françoise Boillat.
En 2010, il joue dans "Sur un pont par grand vent", écrit par Bastien Fournier et mis en scène par Mathieu Bessero, puis dans "L’anniversaire" de Harold Pinter, mis en scène par Sylviane Tille. En été il rejoue sous la direction de Julien Schmutz dans "Abraham Lincoln va au théâtre" de Larry Tremblay. Et termine l’année dans une création de la Cie du Gaz de La Chaux-de-Fonds, "3 soeurs moins le quart".
A PROPOS DU SPECTACLE
Comme base de travail nous avons choisi de se replonger sur les théories du théâtre ainsi que de revisiter nos grands classiques. Nous sommes issues d’écoles différentes, mais toutes trois nous avons étudié Constantin Stanislavski et lu Anton Tchekhov. Constantin Stanislavski, homme passionné par l’art du théâtre qui est le premier à avoir élaboré une méthode sur le jeu d’acteur.
A nos yeux, sa théorie est quelque peu poussiéreuse, mais pourtant incontournable à la formation des comédiens. Aujourd’hui encore nous sommes chargés de cette référence, mais qu’en faisons-nous ?
Rapidement nous avons ressenti le besoin de trouver un texte pour baser nos recherches. Nous sommes trois filles…nous avons choisi la pièce « Les Trois Sœurs » de Tchekhov. Motivées, nous porterons nos réflexions de travail sur ce magnifique texte.
Notre choix s’étant porté sur “Les Trois Sœurs“, nous nous sommes demandé si ces trois sœurs pouvaient exister sans les autres personnages ? Nous avons lu le texte en ne gardant que les répliques des sœurs. Le drame latent, le désespoir des filles, l’envie de partir à Moscou, de fuir, de rêver mieux ailleurs sont restés très présents.
Nous nous sommes alors demandé si le fait de ne garder que les répliques des soeurs allait dénaturer le texte, mais non ! Cette pièce est tellement forte et si bien écrite que tout son sens en est conservé. Au contraire cela ne fait que relever la relation, la vie entre ces trois femmes. Face à ce front fragile mais uni des trois sœurs, les autres personnages (surtout le frère Andreï) apparaissent sous un faible éclairage. Le titre de la pièce les exclut.
Notre recherche s’est également arrêtée sur l’amour dans toute sa puissance exprimé au travers de chansons romantiques.
Dans la pièce le thème de l’amour revient fréquemment et sous différentes formes, impossible pour Macha, inexistant pour Irina et dépassé pour Olga. Dans les chansons que nous avons choisies nous ressentons quelque chose de grandement amoureux et pour les interpréter le plus sincèrement possible la méthode de Stanislavski s’impose à nous.
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